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Mon bilan musical 2018 (ou presque) !

Bonjour,

C’est l’une des facettes de mes goûts dont je n’avais pas encore parlée ici ; j’avais donc envie de vous parler de mes albums de l’année…

J’ai bien évoqué dans le podcast du 30 octobre mes liens avec la musique et le fait que j’en écoute beaucoup, notamment pour mes activités au sein du webzine Lords of Rock (je suis le dinosaure de la bande de musicos !).

Voici donc les albums que j’ai aimés particulièrement cette année et que je vous recommande. Je dois avouer que les artistes présentés font partie de mes chouchous « actuels » absolus

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Bill Ryder-Jones «  Yawn » (Domino)

Ce musicien est un cas à part ! Issu de la scène liverpudlienne et notamment de The Coral (ci-dessous évoqué), Bill Ryder-Jones ne cherche pas à être au sommet, et encore moins à faire la Une des magazines hors spécialisés (et encore !).

Son style est unique et il emmène toujours son public dans un voyage incroyable.

YAWN est encore de cette trempe-là !

Bill nous convie à West Kirby, à côté de chez lui. Ce 4e album est plus personnel, plus ouvert et sensible que les autres. Il n’y a qu’à regarder la couverture de cet opus (une photo de son frère décédé).  Il évoque ses parents à travers deux chansons : il adresse une belle lettre à son père (« John ») et une réflexion honnête d’un fils sur sa mère (« Mither »).

Il sait, également, être affectueux, intime et brillant (lumineux) comme sur « Don’t Be Scared, I Love You ».

En outre, il possède un bel humour et s’en sert souvent, en concert, notamment. Il hypnotise le public, l’auditeur ce qui est fait l’un des musiciens les plus doués de sa génération… peu connu en France, mais il faut largement le déplacer et l’achat d’un album, voire de plusieurs… (IF, son instrumental, est un bijou !).

« Happy Song » est sans contexte la chanson la plus incroyablement addictive de l’album. Elle commence par des chuchotements et des marmonnements qui s’estompent peu à peu devant la voix et des guitares. À la fin de la chanson, il nous reste les guitares avant que tout ralentisse.

Si vous ne connaissiez pas Bill, j’espère que vous allez l’aimer (autant que moi ?)…

 

The Good The Bad & The Queen “ Merrie Land”

Onze ans plus tard, The Good, The Bad & The Queen, qui met en vedette Damon Albarn  de Blur (oui, Gorillaz aussi) aux côtés de Paul Simonon de The Clash, Simon Tong de The Verve et Tony Allen, batteur de Fela Kuti,  reviennent. Damon Albarn a qualifié l’album tant attendu « d’ode au Nord de l’Angleterre », sur lequel il a travaillé avec Tony Visconti, le producteur de David Bowie.

MERRIE LAND le premier single est une complainte douce-amère de la conscience dans la lignée blurienne de  « This is a Low ».

Les paroles se lisent comme une lettre de rupture nationale pour l’ère Brexit : « Si tu pars, dis au moins au revoir. Et si tu pars, tu peux me laisser ma tasse en argent du Jubilé ? » … tout est dit, non ?

Le second single « Gun To The Head » suit le titre de l’album et est tout aussi alarmant sur l’état de l’après-Brexit britannique avec une ritournelle angoissante !

En résumé, MERRIE LAND a été écrit au cours de la période où le Royaume-Uni se prépare à quitter l’Union européenne, générant, ici, une lettre d’adieu circonspecte, une belle série d’observations et de réflexions sur la Grande-Bretagne en 2018.

C’est du Albarn pur jus avec l’apport clash et beat de ses acolytes (précurseur d’un nouveau Blur ?).

 

Miles Kane “Coup de Grace” (Virgin EMI Records)

Après EVERYTHING YOU’D COME TO EXCEPT, sorti en 2016 avec The Last Shadow Puppets (avec Alex Turner, cf. plus bas), et une rupture sentimentale, qu’il qualifie lui-même de « mauvaise rupture », il se plonge dans ses compositions et revient à ses bases.

Du coup, on sent bien à l’écouter qu’il y a de la fureur, de sentimentalisme, et même ce côté rebelle qui lui sied à merveille. Il avait besoin d’exorciser le tout et cela révèle être une bien belle source de création.

Les chansons sont pleines d’énergie, rapide ou excitante, un peu comme si elles (vous) explosaient à la gueule ; ou, à défaut que vous étiez dans un bar peuplé et qu’il vous raconterait, dans la version trash, ses joies, ses doutes et sa colère non latente.

Néanmoins, deux morceaux calment le jeu, malgré des paroles bien senties (‘Loaded’ et ‘Coup de Grâce’) au milieu de cette furie punk/rock.

Ajouter à ça des collaborations et aides de Jamie T et de Lana Del Rey (justement sur Loaded à l’écriture et aux chœurs), le ton est là, et bien là, nerveux, rapide, très rock’n’roll et assez festif au final, avec une touche de groove et de pop…

Bref, le dernier Miles Kane ne peut que faire chalouper (sautiller) avec plaisir…

 

The Coral «  Move Throught The Dawn » (Ignition)

Depuis leur premier grand succès, Dreaming of You, qui date de plus de 16 ans, The Coral poursuit son chemin au bord de la Mersey et ailleurs. Neuvième album studio, après DISTANCE INBETWEEN en 2016, on peut dire que le groupe maintient un (bien) beau rythme de travail.

Dès le premier titre, on sent tout de suite que cet album va nous procurer du bonheur  tout au long des 11 titres. ‘Eyes Like Pearls’ est un petit bijou de mélodie, comme ‘Reaching Out For A Friend’ et ‘Outside My Window’.

Puis soudain, ‘Sweet Release’ balance un côté plus rock plus aérien, plus pop… Le refrain est entêtant et on se surprend à dodeliner de la tête, les bras en l’air. Les autres titres sont de la même trempe, un peu comme si on écoutant une version moderne de Del Shannon ou de Phil Spector, en plein années 70. Car il y a ce côté vintage, mélancolique et juvénile.

James Skelly s’est donc attaqué à de la pop élégante, envoûtante, pleine de changements d’accords avec une touche d’euphorie psychédélique tendre.

Car, au-delà de cet univers, The Coral produit aussi, souvent, des ballades magnifiques et celle qui clôt l’album, ‘After The Fair’, quasiment acoustique, nous plonge dans un univers onirique, et comme il le chante, on a envie de monter sur un carrousel pour réfléchir à l’avenir… « avant qu’il ne soit parti ».

C’est ce que j’aime chez The Coral, c’est beau, touchant, léger, un brin fou, onirique, et profondément humain. Si, jamais, vous visitez le bord de mer à Liverpool (qui est une merveille) ou prenez le ferry pour Birkenhead, écoutez ‘After The Fair’, c’est carrément la plus belle façon de célébrer la ville et le groupe.

 

 

Arctic Monkeys « Tranquility Base Hotel & Casino » (domino)

Je sais qu’à la première écoute, certains vont être déboussolés, étonnés – en bien comme en mal – par l’attitude du son Monkeys, des textes, de ce côté glam, avec une touche de Cohen et french touch 70’s. J’avoue que ‘Star Treatment’ a été un choc (mais The Ultracheese est ma préférée).

Déjà, la phase la plus marquante de la chanson (‘I just wanted to be one of the Strokes, now look at the mess you made me make…’), ouvre une brèche dans l’esprit du compositeur. Turner a toujours écrit ses textes avec cette façon très personnelle, à la fois imagée, littéraire, allusive et étrange. Ses chansons peuvent être interprétées par les fans de façon strictement personnelle, sans que cela soit la réelle idée première. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours aimé Arctic Monkeys, depuis ma première écoute sur MySpace entre 2004 et 2005. Ils avaient ce petit je-ne-sais-quoi qui m’interpellait et qui me poussait à m’approprier leurs textes et leurs mélodies.

J’ai toujours dit que Turner était un Damon Albarn, version 2.0 – même si Albarn se défend très bien avec le 2.0, inventant quasiment le 4.0 de temps à autre ! –. Turner est un touche-à-tout, un artiste, quelqu’un qui aime voir, écouter, lire, comprendre, et puiser ses influences dans tout ce que l’art et la vie lui donnent.

TRANQUILITY BASE HOTEL + CASINO est en cela déroutant qu’il n’est pas un album conforme à ce que les fans, les critiques et les détracteurs pensaient récupérer. C’est même très éloigné de la production post-AM. Point de hit ici – sauf peut-être ‘Four Out Of Five’ qui cache un potentiel très hypnotique.

Cet album casse encore les barrières que certains avaient posées devant Arctic Monkeys. En cela, Turner s’amuse bien à surgir là où personne ne l’attend (bonjour Albarn, ça va toi ?). En fait, l’album est une belle pierre à l’édifice des Monkeys qui prouve qu’ils ne peuvent que grimper toujours plus haut, et n’importe où (au bon sens du terme !) !

 

 

Gorillaz « The Now Now » (Parlophone)

Quinze mois après le décevant HUMANZ, donc, Gorillaz pointe son THE NOW NOW allégé en guests (trois seulement, et pas des moindres : Snoop Dogg, George Benson et Jamie Principle) avec le producteur du dernier Arctic Monkeys, James Ford aux manettes…. Et surtout, la voix d’Albarn en vedette sous 2D !

THE NOW NOW est plus pop, plus doux, plus aérien, en cela, il ressemble un peu à THE FALL, sorti après le mastodonte PLASTIC BEACH en 2010.  Ce sixième album comporte 11 titres enregistré par Damon Albarn à Londres, en début d’année. 11 chansons avec des noms qui retracent des endroits ou sensations captés par ce dernier, lors de la tournée précédente, comme « Kansas », Hollywood’ », ou encore « Idaho ».

Cet album sonne comme du solo, du Blur, du Gorillaz, du TGTBTQ, bref comme du Albarn, du grand Albarn. D’ailleurs, en écoutant « Kansas » ou « Fire Flies », on peut penser qu’elles ne dépareillent pas dans un album de Blur… Elles pourraient être issues de « 13 » par exemple… (tiens, d’ailleurs, un album en 2020 pour les 30 du groupe serait le bienvenu ! Une nouvelle tournée, Damon, toi qui aime voyager et la scène ?).

En définitive, le vrai bon album du retour de Gorillaz est THE NOW NOW… Chapeau bas !

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Vous remarquerez qu’une année sans Damon Albarn n’est pas envisageable pour moi (vivement un Blur … en 2010 ?!)

Voici donc mes coups de cœur de l’année et, forcément, désormais, vous connaissez mes artistes références.

Et vous, qu’aimez-vous ?

Qu’écoutez-vous en ce moment ?

Xx

Lisa

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